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Asghar Farhadi dénonce le mythe du sauveur blanc d’Hollywood et critique le film Argo

Lors du Rio Film Festival, le double Oscar Asghar Farhadi a explosé en dénonçant le mythe du « sauveur blanc » d’Hollywood, pointant du doigt le film Argo. « Who asked you to come and save us? », a-t-il lancé, déclenchant un débat brûlant sur la représentation culturelle au cinéma.

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journalist·samedi 3 octobre 2026 à 17:505 min
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Asghar Farhadi dénonce le mythe du sauveur blanc d’Hollywood et critique le film Argo

Lors du Rio Film Festival, Asghar Farhadi, double lauréat des Oscars, a laissé le public sans voix en dénonçant ouvertement le mythe du « sauveur blanc » que, selon lui, perpétuent de nombreux blockbusters hollywoodiens. En présentant son nouveau film « Parallel Tales », le réalisateur iranien a pointé du doigt le film « Argo », qui a remporté l’Oscar du meilleur film l’an dernier, comme un exemple criant de cette tendance. « Who asked you to come and save us? », a-t-il lancé, interrogeant d’un ton à la fois virulent et désespéré la légitimité même de ces récits où l’Amérique se pose en héroïne salvatrice.

Asghar Farhadi critique le mythe du sauveur blanc d’Hollywood

Dans une interview accordée à Variety pendant la présentation de « Parallel Tales », Farhadi a expliqué que les productions américaines, même les plus acclamées, tendent à simplifier voire à déformer les réalités étrangères au profit d’un scénario où les États‑Unis interviennent comme un chevalier blanc. Il a rappelé que son propre parcours, de Téhéran aux Oscars, était déjà un témoignage de la richesse des perspectives hors du cadre hollywoodien. « Who asked you to come and save us? », a‑t‑il répété, soulignant le déséquilibre de pouvoir entre les conteurs et les sujets de leurs histoires.

Le réalisateur a également rappelé que son film le plus récent, « Parallel Tales », explore les conséquences d’une narration unilatérale sur des vies entremêlées à travers plusieurs continents. En s’appuyant sur des personnages issus de cultures différentes, il cherche à offrir une alternative aux récits « sauveur » qui, à son sens, réduisent les protagonistes à de simples figurants. Son propos s’inscrit dans une réflexion plus large sur la responsabilité des cinéastes à représenter les cultures avec authenticité, sans imposer une vision occidentale dominante.

Enfin, Farhadi a évoqué la nécessité d’une « décolonisation » du langage cinématographique, où chaque nation aurait la possibilité de raconter ses propres histoires sans être filtrée par le prisme américain. Cette position, bien que polémique, s’appuie sur son expérience personnelle de la critique internationale et sur la conviction que le cinéma doit servir de pont, et non de barrière, entre les cultures.

Les réactions à la prise de parole d’Asghar Farhadi

Les médias du monde entier ont rapidement repris les propos de Farhadi, le qualifiant de « voix courageuse » dans un débat souvent dominé par les géants d’Hollywood. Variety, qui a relayé l’interview, a souligné la pertinence de son message à l’heure où les studios cherchent à élargir leurs marchés internationaux. Certains critiques ont salué le courage du réalisateur iranien, le décrivant comme un « défenseur de l’authenticité culturelle ».

Du côté d’Hollywood, les réactions ont été plus nuancées. Des réalisateurs et producteurs engagés ont exprimé leur soutien, rappelant que le cinéma doit constamment s’interroger sur ses propres biais. D’autres voix, plus conservatrices, ont rappelé la liberté artistique, arguant que chaque film reflète la vision de son créateur et que la critique de Farhadi ne doit pas devenir une forme de censure. Malgré ces divergences, le débat a immédiatement animé les réseaux sociaux, où les hashtags #Farhadi et #WhiteSavior ont explosé.

Sur les plateformes grand public, les internautes ont partagé leurs propres expériences de films qui, selon eux, perpétuaient le même mythe. Des commentaires ont évoqué des titres comme « The Last Samurai » ou « Avatar », soulignant que la question posée par Farhadi résonne bien au-delà de « Argo ». Cette prise de parole a ainsi ouvert un espace de discussion où le public se sent entendu et où les attentes envers les studios évoluent.

Ce que la polémique implique pour le futur du cinéma d’Asghar Farhadi

Pour Farhadi, la controverse n’est pas un obstacle mais un catalyseur. Il a indiqué que les retours du festival renforcent son désir de pousser « Parallel Tales » comme un modèle de narration plurielle, où chaque culture possède son propre protagoniste. Le film, qui explore plusieurs histoires parallèles à travers le monde, sera présenté dans les prochains festivals européens, offrant ainsi une plateforme pour tester la réception d’un récit moins centré sur l’Occident.

Sur le plan professionnel, le réalisateur estime que cette prise de position peut influencer les producteurs à financer davantage de projets qui offrent une perspective locale authentique. Il espère que les studios américains, face à la pression croissante du public et des critiques, envisageront des collaborations plus équilibrées avec des créateurs non‑occidentaux, afin d’éviter le piège du « sauveur blanc ».

En définitive, Farhadi laisse le spectateur avec une question qui dépasse le simple cadre cinématographique : qui, réellement, a le droit de raconter l’histoire d’un autre peuple ? Son appel à la réflexion, prononcé sous les projecteurs du Rio Film Festival, pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère où le cinéma mondial s’ouvre davantage aux voix diverses, tout en conservant son pouvoir de toucher les cœurs, sans jamais imposer un narrateur unique.

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