StarMag
people

Himmler au cinéma : Martin Müller se confie sur son rôle glaçant dans I Is Another

Au festival de Locarno, le film I Is Another fait sensation avec Claes Bang et Valerie Pachner. Martin Müller, qui incarne Heinrich Himmler, se livre sur ce rôle terrifiant, tandis que le réalisateur Felix Randau répond aux critiques.

IS
journalist·vendredi 7 août 2026 à 10:267 min
Partager :Twitter/XFacebookWhatsApp
Himmler au cinéma : Martin Müller se confie sur son rôle glaçant dans I Is Another

Il y a des rôles qui hantent, et puis il y a ceux qui marquent à jamais. Martin Müller, acteur encore méconnu du grand public, a accepté l'un des défis les plus vertigineux de sa carrière : incarner Heinrich Himmler, l'une des figures les plus sombres de l'histoire. À l'affiche de I Is Another, présenté en grande pompe au festival de Locarno, le comédien a accepté de se confier sur cette expérience hors norme, entre fascination et répulsion. Un rôle qui ne laisse personne indifférent, à commencer par le réalisateur Felix Randau, qui a dû faire face à des critiques avant même la sortie du film.

Martin Müller n'est pas un inconnu pour les cinéphiles avertis. Révélé dans le circuit des festivals européens, il a bâti sa réputation sur des choix audacieux et des personnages complexes. Sa filmographie, bien que discrète, témoigne d'une exigence rare : il a notamment travaillé avec des réalisateurs indépendants en Allemagne et en Autriche, où il s'est imposé comme un interprète capable de porter des récits exigeants. Pour ce nouveau défi, il a dû puiser au plus profond de lui-même, explorant les abysses de la nature humaine pour donner vie à l'architecte de la Solution finale. Une plongée qui n'a pas été sans conséquences, comme il l'a confié au Hollywood Reporter.

Martin Müller et le défi Himmler : une plongée dans l'horreur

Pour Martin Müller, incarner Heinrich Himmler n'a rien d'un simple exercice de style. C'est un voyage au bout de l'inhumain. Dans une interview accordée au Hollywood Reporter, l'acteur a confié son approche : « C'est un personnage que tout le monde déteste, mais il fallait trouver une humanité pour le rendre crédible à l'écran. » Une déclaration forte, qui montre à quel point le comédien a dû se mettre en danger pour ce rôle. Dans I Is Another, il donne la réplique à Claes Bang et Valerie Pachner, deux talents déjà reconnus du cinéma européen. Le film, qui explore les méandres de l'identité et de la culpabilité, place Himmler au centre d'un récit troublant, où la frontière entre le bourreau et la victime devient floue. Une performance qui promet de marquer les esprits et de susciter de vives discussions.

L'acteur a également évoqué les difficultés psychologiques liées à ce rôle. « Chaque jour sur le plateau, je devais laisser derrière moi ma propre humanité pour entrer dans celle d'un homme qui a commis l'irréparable », a-t-il expliqué. Cette immersion totale a exigé un travail de préparation intense, incluant des lectures historiques approfondies et des rencontres avec des spécialistes de la période. Mais c'est aussi cette rigueur qui donne au film sa puissance. Les premières réactions, à Locarno, soulignent la justesse de son interprétation, saluée comme l'une des plus marquantes de sa carrière.

Felix Randau répond aux critiques : « Si vous ignorez le mal, il grandit dans l'ombre »

Présenter un film sur Himmler n'est jamais anodin, et Felix Randau le sait mieux que quiconque. Avant même la première projection à Locarno, le réalisateur a entendu des voix s'élever, craignant que son œuvre ne donne une tribune à un criminel de guerre. Mais le cinéaste a répondu avec une phrase qui restera : « Si vous ignorez le mal, il grandit dans l'ombre. » Une justification puissante, qui place son film comme un devoir de mémoire plutôt qu'une complaisance malsaine. Pour Randau, il est essentiel de montrer l'horreur pour mieux la comprendre et la combattre. Une position qui a visiblement convaincu le public de Locarno, où le film a été accueilli avec un mélange d'émotion et de respect. Les critiques, elles, saluent déjà la performance de Martin Müller, qui parvient à rendre Himmler terrifiant sans jamais tomber dans la caricature.

Le débat autour du film ne s'est pas limité aux salles obscures. Sur les réseaux sociaux, des historiens et des cinéphiles ont échangé sur la responsabilité du cinéma face à l'histoire. Certains ont reproché à Randau de donner une visibilité à un monstre, tandis que d'autres ont défendu la nécessité de confronter les spectateurs à la réalité du mal. Le réalisateur, lui, assume pleinement son choix : « Nous ne glorifions pas Himmler, nous le montrons pour ce qu'il est : un homme ordinaire qui a choisi de faire le mal. C'est cela qui est terrifiant. » Une approche qui a également séduit les acteurs, dont Valerie Pachner, qui a confié que le tournage avait été « une expérience cathartique ».

I Is Another : un film qui divise et interpelle

Au-delà de la polémique, I Is Another s'impose comme l'un des événements cinématographiques de l'année. Avec un casting de prestige et un sujet qui ne laisse personne indifférent, le film a tout pour marquer les esprits. Claes Bang, connu pour son rôle dans The Square, et Valerie Pachner, révélée par Undine, apportent une intensité rare à un récit déjà bouleversant. Mais c'est bien Martin Müller qui attire tous les projecteurs, lui qui a accepté de marcher dans les pas du monstre. Une expérience qu'il décrit comme « éprouvante mais nécessaire ». Pour lui, ce rôle est une façon de rappeler que le mal n'est pas abstrait : il est fait de choix humains. Une leçon que le public de Locarno n'est pas près d'oublier. Alors que le film entame sa carrière en festivals, une question demeure : jusqu'où le cinéma peut-il aller pour nous confronter à notre propre histoire ? La réponse, peut-être, se trouve dans les yeux de Martin Müller, qui porte désormais le poids de l'histoire sur ses épaules.

Le réalisateur Felix Randau a également confié au Hollywood Reporter que le projet avait mûri pendant plusieurs années, nourri par des recherches minutieuses et des échanges avec des survivants de la Shoah. « Nous savions que nous marchions sur un fil, mais nous voulions honorer la mémoire des victimes en montrant la mécanique du mal », a-t-il déclaré. Cette exigence éthique se ressent à chaque plan, dans la sobriété de la mise en scène et la précision des dialogues. Le film ne cherche pas à provoquer, mais à éclairer les zones d'ombre de l'âme humaine. Une ambition qui a valu à l'équipe une standing ovation à l'issue de la projection, un moment d'émotion rare que Martin Müller a partagé avec ses partenaires.

Pour l'acteur, cette expérience a également été l'occasion de réfléchir à son propre rapport à l'histoire. « En tant qu'Allemand, je porte une responsabilité particulière. Ce rôle m'a obligé à regarder en face ce que mon pays a fait, et à comprendre comment la banalité du mal peut s'installer », a-t-il expliqué. Une introspection qui a profondément changé sa vision du métier. Désormais, il envisage de s'engager davantage dans des projets à dimension historique, tout en restant fidèle à son exigence artistique. En attendant, le public de Locarno a pu découvrir une performance qui restera sans doute dans les annales du festival.

Alors que I Is Another poursuit son voyage à travers les festivals internationaux, il est déjà acquis que ce film ne laissera personne indifférent. Entre devoir de mémoire et questionnement philosophique, il interroge notre capacité à regarder le mal en face. Et c'est peut-être là sa plus grande force : nous rappeler que l'histoire n'est jamais finie, et que chacun de nous a le pouvoir de choisir son camp. Une leçon que Martin Müller, désormais hanté par le personnage de Himmler, ne pourra jamais oublier.

Cet article vous a-t-il été utile ?

Commentaires

Connectez-vous pour laisser un commentaire

Newsletter gratuite

Les exclu people FR & US directement dans ta boîte mail

Stars, scandales, mode, cinéma — les news people qui font le buzz, chaque matin.

LB
OM
SR
FR

+4 200 supporters déjà abonnés · Gratuit · 0 spam