Dans une interview choc pour Vanity Fair, la créatrice de Widow's Bay revient sur le mème Babadook qui a marqué sa carrière, les critiques toxiques de Ghostbusters (2016) et ses influences horreur. Une plongée intime dans l'esprit d'une scénariste qui assume tout.
Elle n'a pas peur des fantômes, ni des critiques. Katie Dippold, la scénariste à succès derrière le reboot de Ghostbusters (2016) et la créatrice de la nouvelle série Widow's Bay, s'est livrée comme rarement dans une interview fleuve à Vanity Fair. Entre confessions sur son fameux mème Babadook, retour amer sur la toxicité des réseaux sociaux et déclarations d'amour surprenantes à Freddy Krueger, la nommée aux Emmy Awards affiche une sincérité désarmante. Et franchement, on adore.
Katie Dippold brise le silence sur le mème Babadook et Ghostbusters
Si vous avez passé un peu de temps sur internet ces dernières années, vous avez forcément croisé ce visage blême, ces yeux écarquillés, cette bouche entrouverte... Oui, le mème Babadook qui a envahi Twitter et Instagram, c'est elle. Et Katie Dippold en rit encore, mais avec le recul. « C'est devenu une partie de ma personnalité publique, je pense. Les gens me reconnaissent plus pour ça que pour mes films, parfois », confie-t-elle à Vanity Fair. Ce mème, tiré d'une photo d'elle lors d'un événement, est devenu viral et a pris une ampleur qu'elle n'avait jamais imaginée. « C'est un peu étrange d'être connue pour une expression de visage, mais je l'accepte. C'est presque affectueux, finalement. »
Mais l'interview ne s'arrête pas là. La scénariste revient longuement sur la polémique qui a entaché la sortie de Ghostbusters en 2016. Le reboot, porté par un casting féminin (Kristen Wiig, Melissa McCarthy, Kate McKinnon, Leslie Jones), avait déclenché une vague de haine en ligne d'une violence inouïe. Katie Dippold, qui avait co-écrit le scénario, se souvient : « C'était une période très difficile. On ne s'y attendait pas du tout. On était tellement excitées de faire ce film, et puis il y a eu cette espèce de tempête de merde. » Elle évoque des commentaires sexistes, des menaces, une toxicité qu'elle n'avait jamais connue. « Je pense que ça a changé ma façon de voir les réseaux sociaux. J'ai appris à m'en protéger, à ne plus lire les commentaires. »
Malgré tout, la scénariste garde une certaine fierté pour ce film. « Je suis fière de ce qu'on a fait. On a donné une nouvelle vie à cette franchise, avec des femmes fortes et drôles. Je pense que le temps a fait son œuvre, et beaucoup de gens ont fini par l'apprécier. » Une déclaration pleine de maturité qui montre que Katie Dippold a su transformer cette épreuve en force.
Widow's Bay, Freddy Krueger et ses influences horreur assumées
Aujourd'hui, Katie Dippold est de retour avec Widow's Bay, une série qu'elle a créée et qui mêle humour et horreur. Une nouvelle aventure qui lui permet d'explorer ses thèmes de prédilection. Et justement, quand on lui demande quels sont ses personnages de films d'horreur préférés, la réponse est pour le moins inattendue. Sans hésiter, elle lance : « Je me marierais avec Freddy Krueger, je sortirais avec Jason, et je tuerais Hellraiser. » Une déclaration qui en dit long sur sa vision du genre. « Freddy, il a ce charisme, cette malice, cette intelligence... Je pourrais passer ma vie avec lui. Jason, c'est plus physique, mais on peut s'amuser. Et Hellraiser, franchement, c'est trop malsain, je ne pourrais pas. »
Cette déclaration, à la fois drôle et personnelle, révèle une scénariste qui assume pleinement ses goûts pour l'horreur, un genre qu'elle manie avec une dextérité rare. Widow's Bay, dont l'intrigue se déroule dans une communauté de veuves sur une île mystérieuse, est l'occasion pour elle de pousser plus loin cette exploration. « J'ai toujours aimé mélanger les genres. L'horreur, l'humour, le drame... C'est ce qui rend les histoires plus riches. »
Son parcours, jalonné de succès comme The Heat, Ghostbusters ou encore la série The Mysterious Benedict Society, montre une femme qui n'a pas peur de prendre des risques. Et avec Widow's Bay, elle s'attaque à un nouveau défi : créer un univers original, porté par des personnages féminins complexes. « Je voulais explorer le deuil, la sororité, la résilience, mais avec une touche de surnaturel. C'est un projet très personnel. »
Katie Dippold : une voix qui compte à Hollywood
Au-delà de ses projets, Katie Dippold s'impose comme une voix importante dans le paysage hollywoodien. Son franc-parler, son humour et sa capacité à aborder des sujets sensibles avec légèreté font d'elle une figure appréciée. Dans cette interview, elle n'hésite d'ailleurs pas à critiquer les travers de l'industrie, notamment le manque de représentativité. « On progresse, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire. Il faut plus de femmes, plus de personnes de couleur, plus de voix diverses dans les salles d'écriture. C'est essentiel pour raconter des histoires qui résonnent avec le public. »
Elle évoque aussi son expérience en tant que femme dans un milieu souvent dominé par les hommes. « J'ai eu de la chance, j'ai rencontré des gens formidables qui m'ont soutenue. Mais je sais que ce n'est pas le cas pour tout le monde. Il faut continuer à se battre. » Des propos qui résonnent d'autant plus fort à l'heure où l'industrie du divertissement est secouée par des scandales et des appels à plus d'égalité.
Avec Widow's Bay, Katie Dippold espère bien marquer les esprits et prouver qu'elle a encore beaucoup à dire. « J'espère que les gens vont aimer cette série. C'est un projet qui me tient énormément à cœur. » Et si l'on en juge par sa carrière, on peut parier que la série sera à la hauteur de ses ambitions. En attendant, cette interview restera comme un moment de grâce, où une scénariste talentueuse a accepté de se dévoiler avec sincérité et humour. Une chose est sûre : on ne verra plus jamais Freddy Krueger de la même façon.
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