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Kleber Mendonça Filho et Wagner Moura signent une lettre sur les élections brésiliennes

Des Oscar-nommés brésiliens, dont Kleber Mendonça Filho et Wagner Moura, ont publié une lettre ouverte pour alerter la communauté internationale sur le second tour présidentiel au Brésil, déclenchant un vif débat dans le milieu du cinéma.

BL
journalist·samedi 10 octobre 2026 à 14:326 min
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Kleber Mendonça Filho et Wagner Moura signent une lettre sur les élections brésiliennes

Quand le cinéma devient le porte‑voix d’une nation en crise, l’émotion est palpable. Kleber Mendonça Filho, réalisateur acclamé pour Bacurau, et Wagner Moura, la star de Narcos, ont décidé de sortir de l’ombre des plateaux pour porter un message qui dépasse le cadre des festivals. Leur lettre ouverte, signée également par d’autres membres de l’Académie, résonne comme un appel urgent à la vigilance et à la défense de la démocratie brésilienne.

Ce geste, rare et chargé de symbolisme, montre que les artistes brésiliens ne peuvent plus rester indifférents face à l’enjeu du second tour présidentiel. En s’unissant, ils espèrent mobiliser l’opinion publique internationale et rappeler que le cinéma, au cœur de la culture, a toujours été un vecteur de conscience citoyenne. Selon Variety, la lettre cite « une préoccupation profonde pour le respect des droits humains et la transparence du processus électoral », soulignant l’urgence d’une mobilisation globale.

Kleber Mendonça Filho : Lettre ouverte pour alerter sur les élections brésiliennes

Kleber, habitué à manier le suspense politique dans ses films, n’a jamais été aussi direct. Dans la missive, il évoque la nécessité d’une « observation internationale » afin d’éviter toute manipulation du scrutin. Son engagement s’appuie sur une carrière où chaque image raconte une lutte sociale, de Bacurau à Aquarius. En signant, il montre que son art n’est plus seulement une critique, mais une prise de position active.

Le réalisateur explique que le film, tout comme la réalité, doit rester un espace de liberté. Il rappelle à ses pairs que l’industrie du cinéma a le pouvoir d’influencer les consciences, et que le silence face à la dérive autoritaire serait une trahison. Cette démarche, bien que risquée, s’inscrit dans la tradition des cinéastes engagés qui ont, à travers l’histoire, utilisé la caméra comme arme de résistance.

Pour Kleber, la lettre est aussi un appel aux festivals internationaux : « Nous invitons les programmations à prendre position, à ne pas laisser le film devenir un simple produit de divertissement sans conscience ». Cette phrase, tirée du texte, montre son désir de transformer chaque projection en un acte de soutien à la démocratie.

En plus de son travail de réalisateur, Kleber a co‑fondé la société de production O2 Filmes, qui a soutenu de nombreux jeunes réalisateurs brésiliens. Son implication dans la défense des droits culturels a été reconnue par plusieurs institutions, renforçant la légitimité de son appel.

Wagner Moura : Le geste politique qui secoue le cinéma

Wagner Moura, reconnu mondialement pour son rôle de Pablo Escobar, a toujours oscillé entre Hollywood et le cinéma brésilien. En signant la lettre, il montre que son influence dépasse les écrans. Il souligne que la liberté d’expression, pilier de son métier, est menacée si le scrutin se déroule dans l’ombre. Son témoignage, relayé par Variety, indique qu’il « soutient les artistes qui refusent de rester muets face à l’injustice ».

L’acteur raconte que la décision n’a pas été prise à la légère. Entre deux tournages à New York et à Rio, il a réfléchi aux conséquences possibles pour sa carrière, mais a choisi de placer l’enjeu collectif avant ses intérêts personnels. Cette prise de position rappelle les moments où les stars ont défié les puissances politiques, rappelant le rôle historique du cinéma comme espace de contestation.

Wagner évoque également le poids de la communauté internationale : « Nous comptons sur le soutien des festivals, des jurys et du public mondial pour faire entendre notre voix ». Cette phrase, tirée de la lettre, montre qu’il voit le monde du cinéma comme une famille solidaire prête à défendre les valeurs démocratiques.

Sa filmographie comprend Elite Squad, qui a remporté le Grand Prix du Jury à Cannes, et Marighella, un drame politique qui a suscité le débat sur la censure au Brésil. Cette expérience du combat contre la répression renforce la pertinence de son engagement actuel.

Les autres membres de l'Académie : Un front uni pour la démocratie

Outre Kleber et Wagner, plusieurs Oscars‑nommés et lauréats ont apposé leur signature : Emilie Lesclaux, Fernando Meirelles, Alê Abreu, Petra Costa et le producteur oscarisé Rodrigo Teixeira. Tous partagent le même sentiment d’urgence et de responsabilité. Leur présence renforce le poids du message, car chaque nom représente une partie du patrimoine cinématographique brésilien.

Emilie Lesclaux, monteuse primée pour City of God, a longtemps milité pour la reconnaissance des techniciens du cinéma. Fernando Meirelles, réalisateur de Le Monde de Narnia et City of God, a déjà utilisé sa notoriété pour soutenir des causes sociales au Brésil. Alê Abreu, connu pour le documentaire Garapa, a exploré les inégalités alimentaires, tandis que Petra Costa, réalisatrice de Elena, a abordé les traumatismes historiques. Rodrigo Teixeira, producteur de I’m Still Here, a remporté un Oscar en tant que producteur exécutif, apportant une visibilité internationale supplémentaire à la lettre.

Les membres expliquent que la lettre n’est pas un simple acte de protestation, mais une stratégie pour attirer l’attention des observateurs internationaux. Ils demandent explicitement que les organisations de défense des droits humains et les médias étrangers suivent de près le processus électoral. Cette mobilisation collective montre que le secteur du cinéma brésilien se considère comme un acteur clé dans le débat public.

En signant, ils ont également évoqué les risques personnels, notamment la possible censure ou les représailles. Pourtant, ils insistent sur le fait que « le silence serait complice », une phrase reprise du texte qui résume l’engagement collectif. La lettre, diffusée largement sur les réseaux sociaux, a déjà suscité des réactions de soutien et de critique, confirmant son impact dans le paysage médiatique.

Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont indiqué qu’elles « suivront de près le déroulement du second tour », tandis que plusieurs festivals européens ont annoncé des séances de discussion autour du texte, montrant que l’appel des artistes trouve un écho au-delà des frontières brésiliennes.

Le futur reste incertain, mais ces artistes ont clairement indiqué qu’ils continueront à défendre la démocratie, que ce soit à travers leurs prochains films ou par d’autres prises de parole publiques. Leur message, désormais gravé dans l’histoire du cinéma brésilien, rappelle que l’art et la politique sont souvent indissociables lorsque la liberté même est en jeu.

En résumé, la lettre ouverte signée par ces figures majeures de l’Académie américaine représente un moment rare où le cinéma brésilien se mobilise collectivement pour la sauvegarde des principes démocratiques. Elle illustre la capacité du septième art à transcender le divertissement pour devenir un instrument de conscience citoyenne, un rôle que les signataires semblent déterminés à poursuivre, quel que soit le résultat du second tour présidentiel.

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