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Roman Polanski : l'enfance brisée dans le ghetto de Cracovie, sa mère assassinée à Auschwitz

Ce vendredi 14 août, France 3 diffuse Once Upon a Time… in Hollywood. L'occasion de revenir sur le destin tragique de Roman Polanski, dont l'enfance a été marquée par la Shoah et la perte de sa mère à Auschwitz.

NP
journalist·vendredi 14 août 2026 à 08:347 min
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Roman Polanski : l'enfance brisée dans le ghetto de Cracovie, sa mère assassinée à Auschwitz

Ce vendredi 14 août, France 3 diffuse Once Upon a Time… in Hollywood, le film de Quentin Tarantino où Roman Polanski est incarné par Rafal Zawierucha. Mais derrière le personnage glamour du réalisateur des années 1960, se cache une histoire déchirante, celle d'un enfant du ghetto de Cracovie, marqué à jamais par l'horreur de la Shoah. Un destin brisé qui a profondément nourri son œuvre, et que le public découvre ou redécouvre avec émotion.

Roman Polanski, de son vrai nom Rajmund Roman Thierry Polański, est l'un des cinéastes les plus célèbres et controversés de sa génération. Né le 18 août 1933 à Paris, il a passé son enfance en Pologne, où il a survécu à la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il a étudié à l'École nationale de cinéma de Łódź, où il a développé son talent pour la mise en scène. Son premier long-métrage, Le Couteau dans l'eau (1962), a été nommé aux Oscars et a lancé sa carrière internationale. Il a ensuite réalisé des films cultes comme Repulsion (1965), Rosemary's Baby (1968), Chinatown (1974) et Le Pianiste (2002), qui lui a valu la Palme d'or à Cannes et l'Oscar du meilleur réalisateur. Son œuvre est souvent marquée par des thèmes sombres, la paranoïa et la violence, reflets de son enfance traumatique.

L'annonce de la diffusion : un film qui ravive la mémoire de Polanski

La diffusion de Once Upon a Time… in Hollywood sur France 3 ce soir est un événement pour les cinéphiles. Le film, sorti en 2019, met en scène un Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) fictif et sa doublure Cliff Booth (Brad Pitt), dans un Hollywood en pleine mutation. Mais pour les plus attentifs, le personnage de Roman Polanski, alors jeune réalisateur prometteur, apparaît brièvement, rappelant que le cinéaste a réellement vécu à Los Angeles à cette époque, avec son épouse Sharon Tate. Sharon Tate, actrice enceinte de leur enfant, a été assassinée par la famille Manson en 1969, un drame qui a profondément affecté Polanski et qui est également évoqué dans le film de Tarantino. Cette diffusion tombe à point nommé pour revenir sur le parcours hors normes de Polanski, dont la vie a été jalonnée de tragédies. L'homme qui a réalisé des chefs-d'œuvre comme Le Pianiste, Rosemary's Baby ou Chinatown, puise son inspiration dans une enfance marquée par la violence et la perte. Une enfance que le cinéaste a racontée à de nombreuses reprises, notamment dans son autobiographie, et qui éclaire d'un jour nouveau son œuvre sombre et souvent angoissante.

Le contexte : une enfance dévastée par la Shoah et la perte de sa mère

Né en 1933 à Paris, Roman Polanski grandit à Cracovie, en Pologne, dans une famille juive. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il n'a que six ans. Très vite, sa famille est contrainte de s'installer dans le ghetto de Cracovie, où les conditions de vie sont inhumaines. Le jeune Roman assiste impuissant à la déportation de ses proches. Son père, Ryszard, est envoyé dans le camp de concentration de Plaszow, tandis que sa mère, Bula, est déportée à Auschwitz-Birkenau, où elle est assassinée dans les chambres à gaz. Cette perte irréparable, il la portera toute sa vie, et on la ressent dans son œuvre, empreinte de mélancolie et de cruauté. Le cinéaste a souvent évoqué cette période, confiant notamment qu'il avait « perdu sa mère à Auschwitz » et que cette blessure ne s'était jamais refermée.

Roman, lui, échappe miraculeusement à la déportation. Il est recueilli par une famille catholique polonaise, les Wilk, qui le cachent pendant plusieurs années. Il doit alors cacher son identité juive et assister, impuissant, aux horreurs de la guerre. Cette expérience traumatisante marquera à jamais le cinéaste, qui la transposera dans son film Le Pianiste (2002), palme d'or à Cannes, où il met en scène la survie d'un musicien juif dans le ghetto de Varsovie. Le film, adapté de l'autobiographie de Władysław Szpilman, est largement inspiré de sa propre expérience de survie dans le ghetto de Cracovie. Après la guerre, Roman Polanski retrouve son père, mais sa mère ne reviendra jamais. Cette enfance brisée a également influencé son style visuel : les espaces clos, les couloirs sombres et les atmosphères oppressantes qui caractérisent ses films rappellent les cachettes et les ghettos de son enfance.

Ce que ça change : un éclairage nouveau sur son œuvre et son image

Redécouvrir l'enfance de Roman Polanski permet de mieux comprendre les thèmes récurrents de son cinéma : la solitude, la peur, la paranoïa, la violence. Des films comme Rosemary's Baby ou Repulsion sont imprégnés de cette angoisse existentielle née de son vécu. En cela, Polanski est un artiste complet, qui a su transformer sa douleur en art. Son film Le Pianiste est sans doute le plus autobiographique, même s'il se concentre sur un autre survivant. La scène où le personnage principal est découvert par un officier allemand rappelle les moments où Roman, enfant, a dû se cacher et jouer la comédie pour survivre.

Mais cette diffusion intervient aussi dans un contexte particulier, celui des accusations de viol qui ont longtemps entaché la carrière du cinéaste. En 1977, Polanski a été accusé d'avoir violé une adolescente de 13 ans, Samantha Geimer, lors d'une séance photo à Los Angeles. Il a plaidé coupable pour le chef d'accusation de rapport sexuel illégal avec une mineure, mais a fui les États-Unis avant le prononcé de la peine, craignant un accord de plaidoyer plus sévère. Depuis, il vit en Europe et a continué à travailler, malgré les appels à l'extradition. Si Polanski a toujours nié les faits, cette actualité a souvent pris le pas sur son œuvre. Pourtant, ce soir, c'est bien le cinéaste et son histoire que les téléspectateurs sont invités à découvrir. Une manière de rappeler que, derrière les polémiques, il y a un homme blessé, un enfant du ghetto qui a survécu à l'indicible.

Alors que le film de Tarantino sera suivi d'un débat sur France 3, les téléspectateurs pourront se faire leur propre opinion. Une chose est sûre : l'histoire de Roman Polanski, de sa survie dans le ghetto de Cracovie à sa consécration hollywoodienne, est l'une des plus bouleversantes du cinéma mondial. Et c'est avec émotion que l'on redécouvre ce destin hors normes, qui continue de fasciner et d'interroger. Le film Once Upon a Time… in Hollywood de Quentin Tarantino, qui a reçu un accueil critique enthousiaste et a remporté deux Oscars, offre une vision romancée de cette époque, mais il permet aussi de mettre en lumière la figure de Polanski, même si son rôle y est secondaire. Cette diffusion est donc une occasion unique de se pencher sur la vie d'un homme dont le passé tragique a façonné l'un des univers cinématographiques les plus singuliers du XXe siècle.

En définitive, cette soirée sur France 3 promet d'être riche en émotions et en réflexions. Les téléspectateurs pourront apprécier le talent de Tarantino, mais aussi comprendre les racines de l'œuvre de Polanski. Au-delà des polémiques, c'est un hommage à la résilience humaine et à la puissance de l'art pour transcender la souffrance. Une rediffusion qui, espérons-le, permettra de voir au-delà des scandales et de reconnaître le génie d'un homme qui a su faire de sa blessure intime une œuvre universelle.

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