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Sally Field de retour sur le circuit des prix après son premier Emmy pour Sybil

À 79 ans, Sally Field prouve que son talent est intemporel. Alors qu'elle brille à nouveau dans la série Netflix "Remarkably Bright Creatures", retour sur son tout premier Emmy, remporté en 1976 pour le rôle bouleversant de Sybil.

IS
journalist·lundi 3 août 2026 à 06:196 min
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Sally Field de retour sur le circuit des prix après son premier Emmy pour Sybil

Elle a marqué des générations entières, décroché deux Oscars, et pourtant, c'est un téléfilm des années 70 qui a scellé son destin. Sally Field, 79 ans, fait de nouveau parler d'elle sur le circuit des récompenses grâce à son rôle dans la nouvelle série événement de Netflix, Remarkably Bright Creatures. Une résurgence qui nous replonge dans les archives dorées d'Hollywood, et plus précisément en 1976, lorsque la comédienne remportait son tout premier Emmy Award pour son interprétation déchirante de Sybil.

Le triomphe de 1976 : Sally Field sacrée pour Sybil, un rôle qui a changé sa carrière

Nous sommes en 1976. Sally Field n'est pas encore la légende que l'on connaît aujourd'hui. Elle vient de passer des années à incarner des personnages légers, comme dans la série Gidget ou The Flying Nun. Mais cette année-là, elle surprend tout le monde en acceptant un rôle d'une noirceur inattendue : celui de Sybil, une jeune femme souffrant d'un trouble dissociatif de l'identité, avec seize personnalités distinctes. Un défi immense, presque suicidaire pour une actrice de 29 ans. Et pourtant, Sally Field relève le défi avec une intensité rare, livrant une performance qui glace le sang et tire les larmes.

Le téléfilm Sybil, diffusé sur NBC, devient un phénomène national. On ne parle que de ça. Les critiques sont unanimes : Sally Field est magistrale, bouleversante, terrifiante de vérité. Et le 22 mai 1976, lors de la cérémonie des Emmy Awards, c'est elle que l'on couronne. Dans sa robe simple, les larmes aux yeux, elle monte sur scène pour recevoir le prix de la meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm. Ce moment, elle l'a raconté des dizaines de fois, reste l'un des plus forts de sa carrière. "Je me souviens de ce sentiment d'être enfin prise au sérieux", confiait-elle plus tard. Ce premier Emmy n'est pas juste une récompense : c'est une renaissance.

Le contexte : de Gidget à Sybil, la métamorphose d'une actrice en quête de reconnaissance

Pour comprendre l'ampleur de ce sacre, il faut revenir en arrière. Sally Field a débuté sa carrière à la télévision dans les années 60, avec des rôles de blonde naïve et souriante. Gidget (1965-1966) puis The Flying Nun (1967-1970) la rendent célèbre, mais l'enferment dans une image de comédienne légère, presque frivole. Elle-même avoue avoir eu du mal à se débarrasser de cette étiquette. Dans les années 70, elle enchaîne les téléfilms, mais aucun ne lui permet de montrer l'étendue de son talent. Jusqu'à ce que le réalisateur Anthony Page lui propose Sybil. Un pari risqué, car le sujet est grave, le tournage éprouvant, et le public pourrait ne pas la suivre dans ce registre dramatique.

Mais Sally Field a ce courage, cette audace. Elle se plonge dans le rôle avec une méthode d'actrice hors pair, travaillant avec des psychiatres pour comprendre les mécanismes du trouble dissociatif. Elle passe des heures à observer des patients, à étudier leurs gestes, leurs voix. Le résultat est stupéfiant. À l'écran, elle alterne entre les différentes personnalités de Sybil avec une fluidité déconcertante. Le public découvre une actrice complètement différente, habitée, presque méconnaissable. Et les professionnels d'Hollywood ne s'y trompent pas : ce premier Emmy marque le début d'une nouvelle carrière, celle d'une grande actrice dramatique.

Ce tournant, Sally Field ne l'a jamais oublié. Dans ses mémoires, elle raconte que ce rôle l'a transformée, non seulement en tant qu'actrice, mais aussi en tant que femme. "Sybil m'a appris que je pouvais tout jouer, que je n'avais plus peur", écrit-elle. Et de fait, après 1976, elle enchaîne les rôles marquants : Norma Rae (1979) qui lui vaut son premier Oscar, Places in the Heart (1984) qui lui en offre un second, sans oublier des films cultes comme Forrest Gump ou la série Brothers & Sisters. Mais c'est toujours avec une fierté particulière qu'elle évoque son Emmy pour Sybil, celui qui a tout changé.

Ce que ça change : Sally Field, une légende qui continue d'écrire son histoire

Près de cinquante ans plus tard, Sally Field est de retour sous les projecteurs. La série Netflix Remarkably Bright Creatures, adaptation du best-seller de Shelby Van Pelt, la met en scène dans le rôle d'une femme âgée, veuve, qui se lie d'amitié avec une pieuvre géante dans un aquarium. Un rôle tout en sensibilité, en douceur, mais aussi en profondeur, qui rappelle pourquoi elle est l'une des actrices les plus respectées de sa génération. Les premières critiques sont dithyrambiques, et déjà, on murmure son nom pour les prochaines cérémonies de remise de prix. Comme un écho à 1976, Sally Field pourrait bien ajouter une nouvelle ligne à son palmarès déjà bien rempli.

Mais au-delà des trophées, ce qui frappe chez Sally Field, c'est sa constance, son authenticité. À 79 ans, elle continue de choisir des projets qui ont du sens, qui racontent des histoires humaines, émouvantes. Elle n'a rien perdu de sa flamme, de cette étincelle qui l'a poussée à accepter Sybil à une époque où personne n'aurait parié sur elle. Et c'est peut-être ça, la plus belle leçon de cette carrière exceptionnelle : peu importe le nombre de prix, ce qui compte, c'est la passion, le courage de se réinventer, de prendre des risques.

Alors que la saison des récompenses approche, tous les regards sont tournés vers elle. Les fans, les critiques, les jeunes acteurs qui la citent comme une source d'inspiration. Sally Field, elle, savoure ce retour sur le devant de la scène avec une humilité désarmante. "Je suis juste reconnaissante de pouvoir encore faire ce métier que j'aime tant", a-t-elle confié lors de l'avant-première de la série. Une phrase qui résume parfaitement l'esprit de cette femme exceptionnelle, qui a su transformer ses blessures en force, et ses rôles en legs. Le premier Emmy de 1976 n'était que le début d'une histoire d'amour avec le public qui dure encore aujourd'hui.

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