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Sara Dosa : son combat pour sauver les glaciers d'Islande, une élégie bouleversante

La réalisatrice de 'Fire of Love' revient avec 'Time and Water', un documentaire poignant sur la fonte des glaciers islandais. Entre hommage et urgence climatique, elle livre une œuvre personnelle et engagée.

IS
journalist·mercredi 29 juillet 2026 à 07:596 min
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Sara Dosa : son combat pour sauver les glaciers d'Islande, une élégie bouleversante

Et si l'Islande perdait son âme blanche ? C'est la question déchirante que pose la réalisatrice Sara Dosa dans son nouveau documentaire, Time and Water, en lice pour les Oscars. Après le succès de Fire of Love, elle plonge cette fois dans un sujet qui la touche personnellement : la disparition des glaciers islandais. Un sujet qui, avouons-le, nous glace le sang.

L'annonce choc : un adieu aux glaciers

Le 29 juillet 2026, lors du podcast Doc Talk de Deadline, Sara Dosa a révélé les coulisses de son projet. Time and Water s'inspire du livre du poète islandais Andri Snær Magnason, On Time and Water, et suit le deuil collectif d'une nation face à la fonte de ses glaces. « L'Islande a déjà dit adieu à des dizaines de ses plus petits glaciers, le premier étant Okjökull en 2014 », a-t-elle confié, la voix empreinte d'émotion. Le film, présenté comme une élégie, mêle images époustouflantes et réflexions poétiques. Un projet qui a nécessité des années de tournage dans des conditions extrêmes, la réalisatrice n'hésitant pas à braver les éléments pour capturer la beauté fragile de ces géants de glace.

Le documentaire s'ouvre sur des paysages à couper le souffle : des champs de glace immaculés, des crevasses bleutées, des rivières de fonte qui serpentent. Mais très vite, le ton se fait plus grave. Sara Dosa a suivi des glaciologues qui mesurent la perte de masse des glaciers, des poètes qui écrivent des élégies, et des habitants qui voient leur environnement se transformer. L'un des moments les plus poignants du film est la cérémonie d'adieu au glacier Okjökull, organisée en 2019, où une plaque a été dévoilée avec ce message : « Une lettre à l'avenir : nous savons ce qui se passe et ce qu'il faut faire. Mais vous seuls saurez si nous l'avons fait. »

La réalisatrice a expliqué que le tournage a été éprouvant. « Chaque année, nous revenions sur les mêmes sites et constations les changements. C'était comme voir un être cher dépérir », a-t-elle dit. Le film utilise des archives et des images actuelles pour montrer le recul des glaciers. Des plans spectaculaires de l'effondrement de séracs ou de lacs glaciaires qui se vident soudainement ponctuent le récit.

Le contexte : un combat personnel et universel

Pour Sara Dosa, ce film est bien plus qu'un documentaire. C'est une lettre d'amour à une nature en péril. Connue pour son approche sensible et immersive, elle a suivi des scientifiques, des poètes et des habitants dont la vie est bouleversée par ces changements. « Ce n'est pas seulement un problème islandais, c'est un miroir de ce qui arrive à notre planète », a-t-elle expliqué. Le film, produit par des noms prestigieux, a déjà ému les festivaliers et les critiques, qui saluent une œuvre à la fois intime et universelle. La réalisatrice, en véritable conteuse, tisse des liens entre mythes nordiques et réalité climatique, offrant une perspective unique sur notre relation au temps et à la nature.

Sara Dosa n'en est pas à son premier coup d'essai. Après Fire of Love, qui racontait l'histoire des volcanologues Katia et Maurice Krafft, elle a été nominée aux Oscars et a remporté de nombreux prix. Son style documentaire, qui mêle archives, interviews et poésie visuelle, lui a valu une reconnaissance internationale. Avec Time and Water, elle continue d'explorer les forces de la Terre, mais cette fois avec un regard plus mélancolique. Le film a été présenté en avant-première au Festival de Sundance 2026, où il a reçu une standing ovation.

Le livre d'Andri Snær Magnason, On Time and Water, est un essai poétique sur le changement climatique. Sara Dosa a rencontré l'auteur en 2020, et ils ont collaboré étroitement pour adapter son œuvre à l'écran. « Andri m'a ouvert les yeux sur la façon dont les Islandais vivent ce deuil », a-t-elle confié. Le film inclut des lectures de poèmes de Magnason, ainsi que des entretiens avec des scientifiques de l'Université d'Islande.

La question « Qu'est-ce que l'Islande sans glace ? » est devenue urgente. Le pays a perdu plus de 10 % de sa masse glaciaire depuis le début du XXe siècle, et les modèles prévoient une disparition quasi totale d'ici 2200. Sara Dosa montre les conséquences : la montée du niveau de la mer, la perturbation des écosystèmes, et l'impact sur l'identité nationale islandaise. « Les glaciers sont notre mémoire, notre histoire », dit un habitant dans le film. Le documentaire aborde aussi les efforts de géo-ingénierie, comme le projet de recouvrir certains glaciers de couvertures blanches pour réfléchir la lumière du soleil.

Ce que ça change : un tournant dans sa carrière

Avec Time and Water, Sara Dosa s'impose comme une voix incontournable du documentaire engagé. Après Fire of Love, qui racontait l'histoire des volcanologues Katia et Maurice Krafft, elle prouve sa capacité à mêler science et émotion. Ce nouveau film, déjà pressenti pour une nomination aux Oscars, pourrait bien lui valoir une reconnaissance internationale. Et pour nous, spectateurs, c'est une invitation à ouvrir les yeux sur un monde qui disparaît. Comme elle le dit si bien : « L'Islande sans glace, c'est un peu comme nous sans mémoire. » Un message qui résonne longtemps après le générique.

Le film a également suscité des réactions politiques. Le gouvernement islandais a annoncé un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais les critiques disent que c'est insuffisant. Sara Dosa espère que son film sensibilisera le public. « Nous devons agir maintenant, avant qu'il ne soit trop tard », a-t-elle déclaré. Le documentaire sera diffusé sur Netflix à partir de septembre 2026, et une tournée de projections est prévue dans les écoles islandaises.

En coulisses, la réalisatrice a dû faire face à des défis logistiques. Le tournage a été interrompu à plusieurs reprises en raison des conditions météorologiques extrêmes. Une équipe de grimpeurs a été recrutée pour transporter le matériel sur les glaciers. Sara Dosa elle-même a suivi un entraînement intensif pour pouvoir travailler en altitude. « C'était épuisant, mais chaque image en valait la peine », a-t-elle dit.

Time and Water est bien plus qu'un documentaire : c'est un cri d'alarme et une ode à la beauté fragile de notre planète. En suivant le deuil d'une nation, Sara Dosa nous rappelle que nous sommes tous concernés. Les glaciers islandais fondent, mais leur histoire, grâce à ce film, restera gravée dans nos mémoires.

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