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Takashi Miike déçoit avec son remake de Bad Lieutenant : Tokyo

Le réalisateur japonais Takashi Miike revient avec Bad Lieutenant : Tokyo, un remake qui peine à convaincre. Malgré un casting prometteur, le film s’enlise dans un scénario confus et des personnages sous‑développés, laissant les fans du genre sur leur faim.

NP
journalist·mercredi 16 septembre 2026 à 12:265 min
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Takashi Miike déçoit avec son remake de Bad Lieutenant : Tokyo
Bad Lieutenant : Tokyo – Analyse de la critique Variety

Quand Takashi Miike a annoncé son nouveau projet, l’excitation était palpable : revisiter le culte du néo‑noir d’Abel Ferrara, Bad Lieutenant, en le transposant dans les ruelles sombres de Tokyo. Les fans imaginaient déjà les néons, le yakuza et la tension dramatique à la japonaise. Mais dès les premières minutes du film, l’atmosphère prometteuse s’est transformée en une suite de scènes décousues, laissant le spectateur désorienté et frustré. Le sentiment d’avoir raté quelque chose d’essentiel se lit sur les visages des cinéphiles, qui espéraient un thriller incisif mais se retrouvent face à un puzzle narratif qui ne s’assemble jamais.

Bad Lieutenant : Tokyo – un scénario bancal

Le film emprunte les grandes lignes de l’original de 1992, mais s’en éloigne rapidement pour raconter une intrigue centrée sur le yakuza, qui n’arrive jamais à décoller. Selon Variety, le projet est qualifié de "Complete Nonstarter" et l’approche "stop‑start sees numerous characters and subplots introduced before existing ones can be resolved". Cette description résume parfaitement le problème majeur du film : une multitude de personnages et de sous‑intrigues surgissent sans jamais être résolus, créant un effet de va-et-vient qui empêche toute immersion réelle. Le spectateur se retrouve à suivre des arcs narratifs qui s’interrompent brutalement, sans jamais offrir de conclusion satisfaisante.

En plus de ce désordre structurel, le film souffre d’un manque de profondeur psychologique. Le protagoniste, censé incarner la tension morale du lieutenant corrompu, reste une silhouette vague, incapable de transmettre la complexité qui faisait la force du personnage de Harvey Keitel. Le décor tokyoïte, pourtant riche en potentiel visuel, devient un simple décor de fond, sous‑exploité par une mise en scène qui privilégie le style au récit. Le résultat est un film qui, malgré des séquences visuellement impressionnantes, ne parvient pas à toucher le spectateur au cœur.

Takashi Miike, né en 1960 à Tokyo, est un réalisateur prolifique dont la filmographie oscille entre drames sociaux, thrillers violents et comédies satiriques. Il a débuté dans les années 1980 avec des courts métrages avant de s’imposer dans les années 1990 grâce à des films comme Audition (2000) et Ichi the Killer (2001). Sa réputation repose sur une capacité à repousser les limites du genre, souvent avec une violence graphique et une narration non conventionnelle. Sa vie personnelle reste discrète, mais il est reconnu pour son engagement envers la scène cinématographique japonaise et son influence sur de nombreux jeunes cinéastes.

Le casting de Bad Lieutenant : Tokyo regroupe plusieurs acteurs japonais de renom, bien que leurs noms précis ne soient pas mentionnés dans la critique. Le film se distingue également par sa bande‑son originale, qui combine des sons traditionnels japonais avec des beats électroniques modernes. Cette fusion sonore a été saluée par quelques critiques spécialisées comme un élément qui ajoute une couche d’immersion auditive, même si elle ne suffit pas à compenser les faiblesses narratives.

Réactions mitigées – entre déception et curiosité

Les critiques ont rapidement pointé du doigt le manque de cohérence du scénario. Sur les réseaux sociaux, les fans de Miike ont exprimé leur désarroi, certains écrivant que le film "n’a jamais trouvé son rythme" et que "les personnages restent en suspens, sans jamais être vraiment exploités". D’autres, plus indulgents, ont salué les tentatives audacieuses du réalisateur, notant que le mélange de cultures – le yakuza japonais et le néo‑noir américain – était une idée intrigante, même si son exécution laissait à désirer. Cette division des avis reflète la difficulté du film à satisfaire à la fois les puristes du premier Bad Lieutenant et les amateurs de l’esthétique Miike.

Dans les cercles de l’industrie, certains producteurs voient ce projet comme un rappel des risques liés aux remakes. "Il faut respecter l’essence du matériau original tout en apportant une vraie valeur ajoutée", a déclaré un producteur anonyme, citant le film comme un exemple de ce qui peut mal tourner lorsqu’on ne parvient pas à équilibrer hommage et innovation. Malgré tout, le film a suscité un certain intérêt pour son casting, qui comprend des acteurs japonais reconnus, et pour la bande‑son originale, qui mêle sons traditionnels et beats électroniques, offrant un contraste sonore qui a été salué par quelques critiques spécialisées.

Ce que cela signifie pour Miike – un tournant à envisager

Takashi Miike, connu pour ses œuvres provocatrices comme Audition ou Ichi the Killer, a toujours flirté avec les limites du genre. Ce nouveau projet, bien que critiqué, montre qu’il n’a pas peur de prendre des risques, même si le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. "Bad Lieutenant : Tokyo" pourrait bien devenir un point de repère dans sa carrière, un moment où il devra réévaluer ses choix narratifs et stylistiques. Certains observateurs suggèrent que le réalisateur pourrait revenir à des scénarios plus centrés sur des personnages forts, afin de renouer avec la tension dramatique qui a fait sa renommée.

Pour les fans, la question reste ouverte : le prochain film de Miike sera‑t‑il une rédemption ou une confirmation de cette dérive? Les prochains mois seront décisifs, car le réalisateur a déjà annoncé plusieurs projets en cours, dont un thriller psychologique qui promet de revenir aux racines du suspense. En attendant, "Bad Lieutenant : Tokyo" reste un exemple frappant de ce qui peut arriver lorsqu’une vision ambitieuse se heurte à une exécution maladroite, rappelant à tous que même les grands noms du cinéma ne sont pas à l’abri d’un échec complet.

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