Tim Robbins n'a jamais eu peur des mots forts. L'acteur oscarisé des Évadés, connu pour son engagement politique sans faille, vient de lâcher une bombe dans une interview choc. Selon Page Six, la star aurait vivement exhorté les démocrates à abandonner leur stratégie de l'indignation permanente pour, littéralement, « se ressaisir ».
Une prise de position qui secoue le landerneau hollywoodien, où l'on a plutôt l'habitude d'entendre des appels à la résistance plus virulents. Lui, en toute franchise, pointe du doigt une approche contre-productive : la colère ne suffit plus, il faut des propositions. Une leçon de sagesse qui pourrait bien faire des vagues bien au-delà des plateaux de tournage.
Tim Robbins, de son nom complet Timothy Francis Robbins, est né le 16 octobre 1958 à West Covina, en Californie. Fils de Gil Robbins, un chanteur folk, et de Mary Bledsoe, une actrice, il a baigné très tôt dans un environnement artistique et politiquement engagé. Après des études de théâtre à l'UCLA, il se fait remarquer au cinéma dans les années 1980 avec des films comme Top Gun ou Les Ailes de l'enfer. Mais c'est son rôle d'Andy Dufresne dans Les Évadés (1994), réalisé par Frank Darabont, qui le propulse au rang de légende. Ce rôle lui vaut une nomination aux Oscars et une reconnaissance internationale. Il remporte l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2004 pour Mystic River de Clint Eastwood.
Parallèlement à sa carrière d'acteur, Tim Robbins est également réalisateur, scénariste, producteur et musicien. Il a fondé la compagnie théâtrale The Actors' Gang, avec laquelle il a monté de nombreuses pièces engagées. Son engagement politique n'est pas nouveau : il a été un critique virulent de la guerre en Irak, un soutien actif de mouvements sociaux et un participant régulier à des manifestations. Il a d'ailleurs été l'un des fondateurs du groupe de réflexion « Art for Change » qui vise à utiliser l'art comme outil de transformation sociale.
Sa vie personnelle a souvent fait la une des tabloïds. Il a vécu une longue relation avec l'actrice Susan Sarandon, de 1988 à 2009, avec qui il a eu deux fils, Jack et Miles. Le couple était considéré comme l'un des plus engagés d'Hollywood, multipliant les prises de position politiques. Depuis leur séparation, Tim Robbins a eu d'autres relations, notamment avec la comédienne et metteuse en scène Anya Epstein, mais il reste discret sur sa vie privée.
Dans son interview à Page Six, Tim Robbins a déclaré : « Les démocrates doivent arrêter de jouer sur la peur et la colère. Ils doivent donner aux électeurs une raison de soutenir les démocrates plutôt que de simplement canaliser la haine. » Cette phrase, rapportée mot pour mot par la source, résume sa pensée. Il insiste sur la nécessité de proposer un projet positif, une vision d'avenir, plutôt que de s'opposer systématiquement aux républicains. Selon lui, la stratégie de l'outrage permanent, qui consiste à s'indigner en boucle sur les réseaux sociaux, est contre-productive et éloigne les électeurs modérés.
Cette prise de position a immédiatement suscité des réactions contrastées. Certains, comme l'acteur et activiste Mark Ruffalo, ont salué son courage et sa lucidité. D'autres, plus radicaux, lui reprochent de faire le jeu de l'adversaire en affaiblissant la critique du trumpisme. Mais Tim Robbins, fidèle à son personnage d'Andy Dufresne, semble prêt à creuser sa propre voie. Il a d'ailleurs répondu à ses détracteurs dans un tweet : « Je ne fais pas le jeu de l'adversaire, j'essaie de sauver mon camp. »
Cette sortie médiatique relance le débat sur le rôle des célébrités en politique. Faut-il que les stars s'engagent plus ? Moins ? Tim Robbins, lui, choisit la voie de la modération et de la réflexion. Un vent de fraîcheur dans un paysage médiatique saturé de postures. On imagine déjà les discussions animées dans les dîners huppés de Los Angeles.
Pour l'acteur, l'avenir s'annonce chargé. Entre ses projets de films et ses engagements, il compte bien continuer à faire entendre sa voix. Mais cette fois, il espère que ses mots porteront plus loin que les traditionnelles oppositions binaires. Après tout, n'est-ce pas le propre des grands artistes que de transcender les clivages ?
Une chose est sûre : Tim Robbins a lancé un pavé dans la mare. Et si son appel à « se ressaisir » était le début d'une nouvelle ère pour la gauche américaine ? L'avenir nous le dira, mais une chose est certaine, l'acteur n'a pas fini de faire parler de lui.



