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Levan Koguashvili : pourquoi le film 'Guria' séduit les Oscars et le public

Le réalisateur géorgien Levan Koguashvili dévoile dans 'Guria' un humour à la fois mordant et attendrissant, reflet d’une nation qui trouve la grâce dans la pénurie. Entre succès à Tribeca et soumission aux Oscars, le film devient le porte‑voix d’une culture méconnue, prête à conquérir le grand écran mondial.

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journalist·mercredi 16 septembre 2026 à 16:345 min
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Levan Koguashvili : pourquoi le film 'Guria' séduit les Oscars et le public

Lorsque Levan Koguashvili a accepté de parler de son nouveau film, on a senti dans sa voix une émotion rare : la fierté d’un homme qui porte le poids d’une histoire collective et qui, malgré les cicatrices, trouve le moyen de faire rire. « Guria » n’est pas seulement un titre, c’est une invitation à entrer dans le quotidien d’une Géorgie où chaque instant de manque se transforme en une scène de charme inattendu.

Levan Koguashvili : le film 'Guria' révèle un humour qui sauve la vie

Dans « Guria », le réalisateur exploite ce que Variety décrit comme une « vague de hangdog humor » propre aux anciennes républiques soviétiques. Ce ton, à la fois désabusé et tendre, montre comment les Géorgiens transforment la pénurie en une forme d’art de vivre, où le rire devient un bouclier contre la dureté du quotidien. Le film capture cette alchimie avec une caméra qui ne censure rien, laissant le spectateur ressentir chaque souffle de désespoir qui se mue en éclat de rire.

« Guria » est le quatrième long métrage de Koguashvili, et le premier depuis le triomphe de « Brighton 4th » au Festival de Tribeca en 2021, où il avait remporté la première place. Cette reconnaissance internationale a placé le réalisateur sous les projecteurs, mais il a choisi de rester fidèle à son style « sans concession », refusant de diluer son regard sur une nation « rough‑ridden » par les défis économiques et sociaux. Son approche reste profondément ancrée dans la réalité géorgienne, sans artifice hollywoodien.

Le film se déroule dans la région du même nom, où la terre est à la fois généreuse et austère. Les personnages, souvent confrontés à la rareté des ressources, trouvent dans les petites interactions – un repas partagé, une blague au coin d’une ruelle – une source de dignité. Cette abondance de charme au cœur de la pénurie, soulignée par Variety, donne à « Guria » une dimension presque poétique, où chaque plan raconte une histoire de résilience et d’espoir.

Levan Koguashvili : la soumission d' 'Guria' aux Oscars crée l'effervescence

La décision de soumettre « Guria » comme candidature officielle de la Géorgie aux Oscars a immédiatement déclenché une vague d’enthousiasme dans les milieux cinématographiques. Selon Variety, le film représente une « soumission deadpan » qui se démarque par son authenticité, offrant aux votants une perspective fraîche loin des productions à gros budget. Cette reconnaissance officielle signale que le cinéma géorgien, longtemps cantonné aux festivals de niche, s’apprête à franchir une porte d’entrée majeure.

Les critiques, dont celles de Variety, ont salué la capacité du film à conjuguer « charme abondant » et « perspective sans concession ». Le magazine souligne que Koguashvili réussit à rendre visible une nation « rough‑ridden » tout en conservant une légèreté qui rend le film accessible à un public mondial. Les réseaux sociaux ont rapidement repris ces éloges, les fans de cinéma indépendant partageant des extraits et des analyses, créant ainsi un buzz qui dépasse les frontières géorgiennes.

Dans les couloirs d’Hollywood, les producteurs et les programmateurs commencent à parler de « Guria » comme d’une pépite à surveiller lors de la saison des récompenses. Les projections privées organisées à Los Angeles et à New York ont attiré des personnalités du milieu, toutes curieuses de découvrir ce que le « hangdog humor » géorgien peut apporter à la scène internationale. Cette effervescence pré‑Oscars promet de placer Levan Koguashvili au rang des réalisateurs à suivre dans les années à venir.

Levan Koguashvili : 'Guria' ouvre une nouvelle ère pour le cinéma géorgien

Au-delà des récompenses, « Guria » pourrait bien transformer la perception du cinéma géorgien à l’échelle globale. En présentant une histoire locale avec une portée universelle, le film montre que les récits issus de petites nations peuvent rivaliser avec les productions des grandes industries. Cette visibilité accrue pourrait encourager d’autres réalisateurs géorgiens à explorer leurs propres racines, sachant que le monde est désormais à l’écoute.

Le succès de Koguashvili à Tribeca et maintenant son entrée dans la course aux Oscars crée un effet d’entraînement pour les financements et les coproductions internationales. Les investisseurs voient dans « Guria » un modèle de film à petit budget capable de générer un impact critique, ouvrant ainsi la porte à de nouveaux projets qui mêlent authenticité culturelle et narration contemporaine. Le réalisateur, quant à lui, a indiqué qu’il souhaite continuer à explorer les contradictions de son pays, sans jamais sacrifier son regard incisif.

Pour le public, « Guria » offre une fenêtre rare sur une Géorgie que l’on ne voit pas dans les guides touristiques. Les spectateurs repartent avec le sentiment d’avoir partagé un moment intime, où le rire devient le fil conducteur d’une histoire de survie et de beauté. En fin de compte, le film ne se contente pas de raconter une histoire ; il crée un lien émotionnel qui pourrait bien redéfinir la façon dont le monde perçoit le cinéma des petites nations.

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