Le réalisateur Umair Bilal signe un premier film hypnotique, 'As Light as Air', présenté à Locarno. Il explore la vie spirituelle à Sehwan, où les habitants se livrent à un état de transe collective. Une expérience sensorielle unique dévoilée en bande-annonce.
Imaginez une ville entière qui vibre au rythme d'une transe collective. C'est le pari fou du documentariste Umair Bilal, dont le premier long métrage, As Light as Air, sera présenté en avant-première mondiale dans la sélection Critics' Week du Festival de Locarno. Le film, dont une bande-annonce vient d'être dévoilée, promet une immersion totale dans la vie spirituelle de Sehwan, une ville pakistanaise considérée comme l'un des hauts lieux du soufisme.
Le soufisme, branche mystique de l'islam, prône la recherche de l'union avec le divin à travers la musique, la danse et la méditation. Sehwan, située dans la province du Sindh, abrite le sanctuaire de Lal Shahbaz Qalandar, un saint soufi vénéré depuis le XIIIe siècle. Chaque année, des milliers de pèlerins affluent pour participer aux célébrations, notamment au festival d'Urs, marqué par des chants dévotionnels et des danses extatiques. C'est dans ce contexte que Umair Bilal a choisi de poser sa caméra, capturant l'essence d'une communauté où le sacré et le quotidien se confondent.
Umair Bilal dévoile Sehwan, la ville où l'on 's'abandonne à un état de transe partagé'
Le réalisateur Umair Bilal, dont c'est le premier long métrage, plonge sa caméra au cœur de Sehwan, une cité où, selon le synopsis officiel, 'les habitants s'abandonnent à un état de transe partagé'. Le film, au style hypnotique, capte ces moments d'extase collective qui rythment la vie quotidienne. La bande-annonce, dévoilée en exclusivité par The Hollywood Reporter, montre des scènes de danse effrénée, de chants soufis et de dévotion intense. Umair Bilal, qui a grandi dans la région, explique avoir voulu capturer 'l'indicible' de ces expériences spirituelles. Le documentaire, tourné sur plusieurs années, suit plusieurs habitants de Sehwan, dont un jeune homme qui cherche sa place dans cette communauté vibrante.
Le choix de Sehwan n'est pas anodin. La ville est un centre spirituel majeur pour les soufis du monde entier. Le sanctuaire de Lal Shahbaz Qalandar attire des fidèles de toutes confessions, créant un melting-pot culturel unique. Bilal, originaire de la région, connaît bien ces traditions. Il a passé des années à tisser des liens avec les habitants, gagnant leur confiance pour filmer des moments intimes. Le résultat est un film qui, selon la critique, 'transcende le documentaire pour devenir une expérience sensorielle'. La bande-annonce, qui alterne plans larges de foules en transe et gros plans sur des visages en extase, donne un avant-goût de cette immersion totale.
Le travail de Bilal s'inscrit dans une tradition de cinéma documentaire qui explore la spiritualité et la transe, à l'image de films comme Baraka ou Samsara. Mais As Light as Air se distingue par son ancrage local et son approche participative. Le réalisateur a co-écrit le scénario avec des membres de la communauté, assurant une représentation authentique. La bande originale, composée de chants soufis enregistrés sur place, renforce l'immersion. Les premières images montrent des derviches tourneurs, des tambourinaires et des femmes voilées chantant en chœur, le tout dans une esthétique épurée qui rappelle le cinéma de Terrence Malick.
La sélection de As Light as Air à la Critics' Week de Locarno, une section réputée pour ses découvertes, a immédiatement attiré l'attention. Les premiers commentaires, relayés par The Hollywood Reporter, saluent un film 'hypnotique' et 'sensoriel'. Les festivaliers, habitués aux expériences cinématographiques fortes, se disent déjà impatients de découvrir cette plongée dans le soufisme pakistanais. Umair Bilal, lui, se dit 'honoré' de cette sélection, espérant que le film pourra 'ouvrir une fenêtre sur une culture souvent méconnue'. Les médias pakistanais, de leur côté, voient dans ce documentaire une vitrine pour la richesse spirituelle du pays.
Locarno, qui se tient chaque année en août en Suisse, est connu pour son focus sur le cinéma d'auteur et les œuvres expérimentales. La Critics' Week, section parallèle du festival, met en lumière les premiers films de réalisateurs émergents. Pour Bilal, cette sélection est une consécration après des années de travail. Le film a été produit avec le soutien de fonds internationaux, dont le Doha Film Institute et le Sundance Institute, ce qui témoigne de son potentiel. Les réactions enthousiastes des programmateurs et des critiques présagent un accueil chaleureux lors de la première.
La bande-annonce, mise en ligne par The Hollywood Reporter, a déjà généré des milliers de vues. Les commentaires des internautes soulignent la beauté des images et la puissance émotionnelle des scènes. Certains y voient un antidote à la représentation médiatique souvent négative du Pakistan, centrée sur les conflits et l'extrémisme. Bilal espère que son film contribuera à changer ce regard. 'Je veux montrer une autre facette de mon pays, celle de la tolérance et de la spiritualité', a-t-il déclaré dans une interview. Le documentaire pourrait ainsi jouer un rôle diplomatique, en rapprochant les cultures.
La suite pour Umair Bilal : un premier film prometteur qui pourrait changer sa carrière
Pour Umair Bilal, As Light as Air marque un tournant. Après des années de travail sur ce projet, le réalisateur espère que cette sélection à Locarno lui ouvrira les portes d'autres festivals internationaux. Le film, qui mêle documentaire et poésie visuelle, pourrait bien devenir l'une des révélations de l'année. En attendant la première, prévue en août, les amateurs de cinéma d'auteur et de spiritualité peuvent déjà se laisser transporter par la bande-annonce. Un avant-goût d'une œuvre qui, selon ses premiers admirateurs, 'laisse une empreinte indélébile'. Rendez-vous à Locarno pour vivre, le temps d'une projection, l'extase collective de Sehwan.
Le parcours de Bilal est atypique. Formé au cinéma à l'Université nationale des arts de Lahore, il a travaillé comme assistant réalisateur sur plusieurs productions pakistanaises avant de se lancer dans ce projet personnel. As Light as Air a été tourné sur une période de trois ans, avec des moyens modestes. Le réalisateur a souvent filmé seul, utilisant une caméra légère pour ne pas perturber les rituels. Cette intimité se ressent dans les images, qui capturent des moments de vulnérabilité et de grâce. Les sujets du film, des pèlerins aux musiciens, se livrent sans artifice, offrant un témoignage rare sur la vie spirituelle au Pakistan.
L'impact potentiel du film dépasse le cadre cinématographique. En mettant en lumière le soufisme, une tradition souvent marginalisée dans le discours public, As Light as Air pourrait encourager un dialogue interreligieux. Le Pakistan, pays majoritairement musulman, abrite une riche diversité de pratiques soufies, mais celles-ci sont parfois menacées par l'intolérance. Bilal souhaite que son film serve de 'pont' entre les cultures. Les premières réactions, notamment de la diaspora pakistanaise, sont encourageantes. Beaucoup y voient une célébration de leur héritage spirituel.
En attendant la première, la bande-annonce continue de circuler, suscitant curiosité et admiration. Les images de danse et de chant, accompagnées d'une musique envoûtante, donnent le ton. Le film promet une expérience immersive, presque hypnotique. Pour les cinéphiles, c'est l'occasion de découvrir un cinéaste prometteur. Pour les autres, une invitation à explorer une dimension méconnue de l'islam. Rendez-vous donc à Locarno, où As Light as Air fera sans doute sensation.
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